Chronique de strategie gygestuelle
"Jouer discret"
Le gygès est une histoire de réseau, c'est entendu. Il faut avoir un réseau fort et s'arranger pour que l'adversaire en ait un faible. Cet objectif prévaut d'ailleurs souvent sur une volonté de se ménager un passage à tout prix. Prenons un exemple caricatural :
3_1_1_
____2_
______
3____3
_2_32_
__211_
Nord vient de jouer un coup agressif et il menace sud. De façon assez peu subtil, avouons-le (61-31-but). Sud, lui, n'a pas de passage. Mais une analyse de la situation en termes de réseau est clairement à son avantage. Comparons en effet le nombre d'intersections que chaque joueur peut atteindre.
Sud a beaucoup plus d'influence que nord sur la configuration du plateau. Il a d'ailleurs gagné la partie! (C'est un problème en 2 coups, à vous de jouer.)
Une question stratégique importante au gygès est donc "comment me faire un joli réseau tout en salopant celui de mon adversaire?". C'est une question délicate. D'autant que, comme un pion n'appartient à personne, chaque joueur peut essayer de l'incorporer à son propre réseau. Il faut donc être très vigilant lorsqu'on introduit une nouvelle pièce dans la bataille, et vérifier qu'elle ne profite pas plus à l'adversaire qu'à soi.
Un outil d'analyse simple pour avoir la quasi-certitude que l'on n'est pas en train d'engraisser son adversaire, c'est le concept de "jouer discret". Il s'agit simplement de mettre "ses" pièces sur des intersections qui sont inaccessibles pour l'adversaire.
Un exemple de coup pas discret : (cp4 partie 1320)
_12123
_3____
__2___
______
___3__
_121_3
64x43=22, réponse discrète = 12x22=32
Un exemple de coup discret : (cp3 partie 1142)
3212_1
_____3
______
______
___3__
_12123
16-43 (par la suite, nord va s'efforcer de se re-connecter au réseau, mais sud conserve l'avantage. Il y a un bel exemple d'indiscrétion au coup 5)
Jouer discret est souvent une bonne idée. Mais attention : je n'ai pas dit qu'il fallait systématiquement jouer discret! Parfois, le meilleur coup ne l'est pas du tout, discret. C'est l'exemple typique de cette bonne vieille règle d'or que l'on donne aux débutants, mais que les bons joueurs enfreignent à tour de bras. Quand je donne ce conseil, j'ai à l'esprit l'image du joueur de gygès qui vient de déloger une pièce et qui se demande avec embarras où il va bien pouvoir la reloger. Il sait qu'il doit l'enlever, mais il ne voit vraiment pas où la remettre. Il est là, le bras tendu au dessus du plateau, la pièce maudite entre les doigts. La crampe le guette, la pendule tourne. Il hésite... Et bien je lui susurre a l'oreille : "joue discret". Ce ne sera peut-être pas un coup génial, mais ce sera toujours une pièce que n'aura pas ce cochon d'adversaire.
"Jouer discret"
Le gygès est une histoire de réseau, c'est entendu. Il faut avoir un réseau fort et s'arranger pour que l'adversaire en ait un faible. Cet objectif prévaut d'ailleurs souvent sur une volonté de se ménager un passage à tout prix. Prenons un exemple caricatural :
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Nord vient de jouer un coup agressif et il menace sud. De façon assez peu subtil, avouons-le (61-31-but). Sud, lui, n'a pas de passage. Mais une analyse de la situation en termes de réseau est clairement à son avantage. Comparons en effet le nombre d'intersections que chaque joueur peut atteindre.
Sud a beaucoup plus d'influence que nord sur la configuration du plateau. Il a d'ailleurs gagné la partie! (C'est un problème en 2 coups, à vous de jouer.)
Une question stratégique importante au gygès est donc "comment me faire un joli réseau tout en salopant celui de mon adversaire?". C'est une question délicate. D'autant que, comme un pion n'appartient à personne, chaque joueur peut essayer de l'incorporer à son propre réseau. Il faut donc être très vigilant lorsqu'on introduit une nouvelle pièce dans la bataille, et vérifier qu'elle ne profite pas plus à l'adversaire qu'à soi.
Un outil d'analyse simple pour avoir la quasi-certitude que l'on n'est pas en train d'engraisser son adversaire, c'est le concept de "jouer discret". Il s'agit simplement de mettre "ses" pièces sur des intersections qui sont inaccessibles pour l'adversaire.
Un exemple de coup pas discret : (cp4 partie 1320)
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64x43=22, réponse discrète = 12x22=32
Un exemple de coup discret : (cp3 partie 1142)
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16-43 (par la suite, nord va s'efforcer de se re-connecter au réseau, mais sud conserve l'avantage. Il y a un bel exemple d'indiscrétion au coup 5)
Jouer discret est souvent une bonne idée. Mais attention : je n'ai pas dit qu'il fallait systématiquement jouer discret! Parfois, le meilleur coup ne l'est pas du tout, discret. C'est l'exemple typique de cette bonne vieille règle d'or que l'on donne aux débutants, mais que les bons joueurs enfreignent à tour de bras. Quand je donne ce conseil, j'ai à l'esprit l'image du joueur de gygès qui vient de déloger une pièce et qui se demande avec embarras où il va bien pouvoir la reloger. Il sait qu'il doit l'enlever, mais il ne voit vraiment pas où la remettre. Il est là, le bras tendu au dessus du plateau, la pièce maudite entre les doigts. La crampe le guette, la pendule tourne. Il hésite... Et bien je lui susurre a l'oreille : "joue discret". Ce ne sera peut-être pas un coup génial, mais ce sera toujours une pièce que n'aura pas ce cochon d'adversaire.